Les carburants durables occupent une place de plus en plus centrale dans la transition énergétique. C’est particulièrement le cas dans les secteurs où l’électrification totale sera difficile ou lente. Le nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) « Delivering Sustainable Fuels », publié en amont de la COP30, dresse un état des lieux de ces carburants et analyse leurs défis et opportunités pour l’avenir. Il révèle qu’avec les politiques actuelles, l’usage de ces carburants pourrait quadrupler d’ici 2035. Découvrez dans cet article leur rôle essentiel et les enseignements clés du rapport.
Pourquoi les carburants durables sont essentiels à la transition énergétique
Selon l’AIE, les carburants durables regroupent notamment les biocarburants liquides, les biogaz, l’hydrogène bas‑carbone et les carburants à base d’hydrogène. Ils viennent s’ajouter à l’électrification et à l’efficacité énergétique dans le processus de transition énergétique. Ils sont cruciaux pour les secteurs qui demeurent dépendants des combustibles fossiles. C’est par exemple le cas de l’aviation, du transport maritime et de certains segments du transport routier et de l’industrie. Aujourd’hui, ils jouent déjà un rôle visible dans le mix énergétique mondial, représentant environ 4 % de la demande totale d’énergie dans le transport, principalement via les biocarburants liquides. Les combustibles durables peuvent aussi contribuer à la sécurité énergétique, encourager la croissance économique et promouvoir la soutenabilité environnementale.
Le rapport souligne qu’en combinant les politiques déjà en place et celles annoncées, l’usage de carburants durables pourrait presque doubler par rapport à 2024 d’ici 2030 et être multiplié par quatre à l’horizon 2035. Une telle progression contribuerait de manière décisive à la décarbonation des transports et de l’industrie, tout en renforçant la sécurité énergétique par une diversification des sources. D’ici 2035, les carburants durables pourraient couvrir environ 10 % de la demande mondiale de transport routier, 15 % de l’aviation et 35 % du transport maritime. L’AIE insiste toutefois sur un point clé : pour être réellement durables, ces carburants doivent respecter des critères stricts de durabilité. Il s’agit par exemple du bilan carbone sur l’ensemble du cycle de vie, de la protection des sols et de la biodiversité ou de la concurrence limitée avec l’alimentation.
Les défis et opportunités que révèlent le rapport de l’AIE
Le rapport « Delivering Sustainable Fuels » identifie plusieurs défis majeurs pour le déploiement des carburants durables :
- D’abord, un surcoût par rapport aux carburants fossiles. En effet malgré les progrès, un soutien politique (aides, quotas, crédits carbone…) reste nécessaire pour combler l’écart de prix.
- Ensuite, des contraintes de ressources. En effet, il est nécessaire de sécuriser des gisements de biomasse, structurer des filières de collecte de déchets, et développer des capacités de production d’hydrogène bas‑carbone à grande échelle.
- Enfin, d’importants investissements d’infrastructure sont nécessaires. Développer les chaînes logistiques, les capacités de production et faciliter l’accès aux financements, surtout dans les économies émergentes, sont essentiels.
En parallèle, les opportunités sont considérables, notamment pour les acteurs déjà positionnés sur les carburants liquides comme la filière fioul :
- Développer et commercialiser des fiouls bas‑carbone incorporant une part croissante de biocomposants durables
- Accompagner les clients avec des offres hybrides combinant amélioration de l’efficacité et substitution progressive
- Investir dans des partenariats industriels ou territoriaux pour sécuriser des approvisionnements en matières premières durables et des capacités de production
Pour en savoir plus, consultez le rapport « Delivering Sustainable Fuels » de l’AIE