Prix du pétrole en baisse : pourquoi cela ne se répercute pas toujours sur les carburants ?

Lorsque le prix du pétrole brut baisse sur les marchés, on pourrait penser que le prix des carburants diminue immédiatement. Pourtant, dans la réalité, cette baisse met souvent du temps à se ressentir pour les consommateurs. Cette situation s’explique par la complexité du marché de l’énergie et les facteurs qui influencent le prix à la pompe. Découvrez dans cet article pourquoi les prix évoluent plus lentement à la baisse qu’à la hausse. Discernez également quels mécanismes entrent réellement en jeu entre le baril et le réservoir.

Un marché plus complexe qu’il n’y paraît

Les prix du pétrole affichés dans les stations-service ne dépendent pas uniquement du prix du pétrole brut (cours du Brent ou du WTI). En effet, ils sont le résultat final d’une longue chaîne de valeur, où chaque maillon ajoute son propre coût et sa propre marge : raffinage, transport, stockage et distribution.

De plus, les acteurs du secteur tels que les raffineries, les dépôts ou les distributeurs travaillent avec des stocks achetés plusieurs semaines auparavant, parfois lorsque le prix du pétrole était plus élevé. Les carburants livrés aujourd’hui ne sont donc pas toujours issus d’un pétrole acheté au prix actuel du marché.

Enfin, le marché fonctionne également selon des contrats d’approvisionnement, des coûts logistiques fixes et des mécanismes de couverture financière qui lissent les variations brutales des cours du pétrole. Cela permet d’éviter des hausses trop soudaines, mais cela ralentit aussi les baisses lorsqu’il y en a.

Les facteurs qui freinent la baisse des prix pour les consommateurs

Plusieurs éléments expliquent pourquoi la baisse du prix du pétrole met du temps à se répercuter sur le prix à la pompe :

  • La fiscalité : plus de la moitié du prix des carburants dépend de taxes fixes (accise sur les produits énergétiques et TVA), qui ne varient pas avec le prix du pétrole
  • Les coûts de la filière (raffinage, logistique, stockage, transport…) : ces coûts restent stables, voire augmentent, indépendamment du cours du brut
  • Les variations du taux de change : le pétrole étant coté en dollars, un euro faible peut annuler une partie de la baisse
  • Les tensions logistiques ou géopolitiques : elles peuvent maintenir des coûts élevés malgré une baisse du brut

Ainsi, même si le baril baisse fortement, le prix final payé par le consommateur évolue plus lentement. À l’inverse, lorsque le pétrole augmente, l’impact peut sembler plus rapide car les nouveaux achats se font immédiatement à un prix plus élevé. C’est pourquoi on parle d’effet « rocket and feathers » (la fusée et la plume), car les prix montent aussi vite qu’une fusée, mais redescendent aussi lentement qu’une plume.

Sources :