Monoxyde de carbone : éviter les intoxications

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore et non irritant. Impossible de le détecter sans appareil. Il se forme lors de la combustion incomplète d’un combustible et reste la première cause d’intoxication accidentelle domestique en France. Pourtant, des gestes simples suffisent à écarter l’essentiel du risque. Voici ce qu’il faut savoir à l’approche de l’hiver. 

Le monoxyde de carbone, qu’est-ce que c’est ?

Le CO résulte d’une combustion incomplète : bois, charbon, fioul, gaz ou essence. Il se diffuse vite et devient particulièrement dangereux en milieu confiné. L’organisme l’absorbe aussitôt. Le gaz se fixe sur l’hémoglobine et réduit la capacité du sang à transporter l’oxygène vers les organes vitaux. 

Tous les appareils à combustion peuvent en produire : chaudières au fioul, au bois, au charbon ou au gaz, inserts, poêles, chauffages d’appoint, groupes électrogènes… La quantité dépend du combustible et de la qualité de la combustion. 

En France, on recense chaque année environ 1 300 épisodes d’intoxication, qui touchent près de 3 000 personnes et causent une centaine de décès. Et justement, 80 % des intoxications surviennent entre octobre et mars, en pleine saison de chauffe. 

D’où viennent les intoxications ? 

Les causes se ressemblent d’un accident à l’autre. Un conduit de fumée obstrué ou mal dimensionné empêche l’évacuation des produits de combustion. Un logement trop calfeutré, ou dont les grilles d’aération sont bouchées, prive l’appareil de l’air dont il a besoin. 

Viennent ensuite le manque d’entretien et l’usure des appareils de chauffage ou de production d’eau chaude. Certaines installations se gênent entre elles, comme une chaudière et une hotte aspirante. Enfin, le mauvais usage des appareils pèse lourd : un chauffage d’appoint qui fonctionne en continu, ou un groupe électrogène installé dans un espace clos peuvent être responsables d’accidents. 

Reconnaître les symptômes et réagir vite 

Une intoxication faible ou chronique provoque des maux de tête, des nausées et une confusion. Elle s’installe lentement et passe souvent inaperçue. Une intoxication aiguë entraîne vertiges, perte de connaissance et paralysie musculaire. Elle peut conduire au coma, voire au décès. 

Au moindre doute, appliquez ces quatre gestes : 

  • Aérez immédiatement le logement en ouvrant portes et fenêtres. 
  • Arrêtez les appareils à combustion, si vous pouvez le faire sans risque.
  • Évacuez les lieux. 
  • Appelez les secours : le 15, le 18 ou le 112. 

Ne réintégrez pas le logement avant le feu vert d’un professionnel. 

Les bons gestes pour éviter les intoxications 

Chaque année, avant l’hiver, faites inspecter vos installations par un professionnel qualifié : chaudière, chauffe-eau, cheminée, insert et poêle. L’entretien annuel de la chaudière est d’ailleurs obligatoire. Faites également ramoner vos conduits une fois par an et entretenir votre VMC. Notre article sur la remise en route de la chaudière en automne détaille ces étapes.

Pendant la saison de chauffe, aérez votre logement au moins dix minutes par jour. N’obstruez jamais les entrées d’air ni les grilles de ventilation. Respectez enfin les consignes du fabricant pour chaque appareil. 

En période de grand froid, ne vous chauffez jamais avec un appareil qui n’est pas prévu pour cela : cuisinière, barbecue ou brasero. Et n’utilisez un chauffage d’appoint au butane, au propane ou au pétrole que par intermittence, jamais en continu. 

Le détecteur de CO : utile, mais pas obligatoire 

Contrairement au détecteur de fumée, obligatoire depuis 2015, le détecteur de monoxyde de carbone ne l’est pas à ce jour. Les autorités sanitaires et les sapeurs-pompiers le recommandent néanmoins vivement dans tout logement équipé d’un appareil à combustion. 

Si vous en installez un, choisissez un modèle conforme à la norme NF EN 50291 et portant le marquage CE. Placez-le entre 1,50 m et 1,70 m du sol, à une distance de 1 à 3 mètres de l’appareil à combustion. Il complète les bons gestes, sans jamais remplacer l’entretien annuel. 

Pour toute question sur votre installation ou une livraison, vous pouvez demander un devis ou trouver votre revendeur bp. 

Sources :