Chaque automne, le projet de loi de finances (PLF) fixe le cadre fiscal de l’année suivante. Les professionnels qui utilisent du gazole non routier (GNR) l’attendent avec attention : BTP, agriculture, travaux forestiers. Trajectoire de hausse déjà votée, aides en cours, demandes des fédérations… voici les principaux sujets sur la table.
Où en est la fiscalité du GNR aujourd’hui ?
Le GNR relève de deux régimes distincts. Les travaux agricoles et forestiers bénéficient d’un tarif réduit d’accise de 3,86 € par hectolitre. Les autres secteurs, à commencer par le BTP, relevaient d’un tarif réduit de 18,82 € par hectolitre.
La loi de finances pour 2024 a lancé la suppression progressive de cet avantage pour les secteurs non agricoles. Chaque année, le tarif du GNR se rapproche de celui du gazole routier, fixé à 59,40 € par hectolitre. La hausse atteint environ six centimes par litre et par an. L’alignement doit s’achever en 2030, et un nouveau palier s’appliquera au 1ᵉʳ janvier 2027.
L’agriculture suit une autre voie. Le gouvernement a annulé sa trajectoire de hausse en 2024. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2024, les professionnels éligibles obtiennent le tarif réduit directement à la facturation, sans démarche de remboursement.
Les aides en cours, prolongées jusqu’à fin 2026
Deux dispositifs accompagnent aujourd’hui les professionnels. Les agriculteurs bénéficient d’un remboursement de 15 centimes par litre, prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Les entreprises du BTP disposent d’une aide de 20 centimes par litre, également prolongée jusqu’à la fin de l’année.
Ces aides restent exceptionnelles. Leur sort après le 31 décembre dépendra des arbitrages budgétaires. Nous détaillons les démarches dans notre article sur la prolongation de l’aide GNR.
Ce que le PLF 2027 pourrait trancher
Discuté au Parlement cet automne, le texte est scruté sur trois points :
- La trajectoire du BTP : les fédérations réclament des aménagements ou des compensations, comme le suramortissement des engins.
- Le régime agricole : une clause de revoyure figure dans la loi de finances 2027. Elle décidera du tarif applicable après 2026.
- La suite des aides exceptionnelles, qui s’achèvent fin décembre.
Rien n’est figé à ce stade. Un projet de loi de finances reste un point de départ. Les débats et les amendements peuvent le modifier. Les arbitrages définitifs n’arriveront qu’à l’adoption du budget, en fin d’année.
Comment s’y préparer sans attendre ?
Quelques réflexes permettent d’anticiper. Intégrez d’abord la hausse programmée dans votre budget carburant 2027, surtout dans le BTP où la loi fixe déjà le palier. Suivez ensuite les publications de la douane, du ministère et de votre fédération professionnelle : elles relaient vite les évolutions.
Sur le terrain, la consommation reste un levier direct. Entretenez régulièrement vos engins, suivez vos pleins et soignez le stockage pour limiter les pertes. Enfin, gardez un œil sur les carburants alternatifs, dont la fiscalité bouge également — nous l’abordons dans notre article sur le B100 et le HVO.
Pour vos besoins en GNR et en fioul, ou pour faire le point sur vos approvisionnements, vous pouvez demander un devis ou trouver votre revendeur bp.
Sources :