Hausse du GNR 2026 : quelles aides pour les agriculteurs ?

Depuis le déclenchement des frappes israélo-américaines sur l’Iran fin février 2026, la hausse du GNR place les agriculteurs français face aux conséquences d’un choc énergétique majeur. En effet, le GNR a flambé en quelques semaines à peine, au moment des travaux de printemps. Face à ces difficultés, plusieurs dispositifs de soutien ont été mis en place pour accompagner la filière. L’objectif est clair : limiter l’impact immédiat sur les exploitations les plus exposées et préparer l’avenir.

Une hausse des coûts qui fragilise fortement les exploitations agricoles

Le gazole non routier (GNR) est indispensable au fonctionnement des exploitations agricoles. En effet, il alimente les tracteurs, les engins de chantier ou certains équipements fixes. Il intervient à toutes les étapes de l’activité, du travail des sols à la récolte, en passant par les transports internes à l’exploitation. Lorsque son prix augmente, l’impact est immédiat sur les coûts de production.

En 2026, le prix du GNR a doublé en quelques semaines. Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les incertitudes sur l’approvisionnement en pétrole entraînent une volatilité des prix. D’autre part, le renchérissement des autres intrants, notamment les engrais, accentue la pression sur les trésoreries agricoles.

Pour de nombreuses exploitations, ces dépenses énergétiques représentent une part importante des charges. Leur augmentation réduit les marges, fragilise l’équilibre économique et complique les investissements à moyen terme. Cette situation est d’autant plus sensible que les revenus agricoles restent soumis à de fortes variations, liées aux conditions climatiques et aux marchés.

Dans ce contexte, la hausse du GNR agit comme un facteur supplémentaire de tension pour la filière. Elle pèse sur la rentabilité des exploitations et renforce les inquiétudes des agriculteurs face à l’évolution de leurs charges. C’est pourquoi le gouvernement a reconnu la difficulté de la situation et annoncé la mise en place d’aides pour accompagner les professionnels du secteur.

Les mesures de soutien mises en place pour accompagner la filière

Face à cette hausse des coûts du GNR, le gouvernement a réagi fin mars 2026 sur plusieurs fronts pour soutenir les trésoreries des exploitations agricoles. Ces aides visent à répondre rapidement aux difficultés du terrain, tout en accompagnant les agriculteurs dans une adaptation progressive à un contexte énergétique plus incertain.

Parmi les principaux dispositifs, on retrouve :

  • Des aides sur le carburant agricole : pour avril 2026, le gouvernement a annoncé une exonération du droit d’accise sur le GNR agricole. Cela se traduit par une baisse d’environ 4 centimes par litre pour les exploitants. Son coût pour l’État est estimé à environ 14 millions d’euros sur un mois.
  • Des prêts exceptionnels : la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé des prêts de court terme destinés aux agriculteurs. Ces prêts sont distribués par Bpifrance, en complément d’un accord de place avec les banques et les distributeurs.
  • Des soutiens à la trésorerie : les exploitations agricoles peuvent demander un report de leurs cotisations sociales, sans frais ni majoration, ainsi qu’un étalement de leurs échéances fiscales. Ces mesures permettent de préserver la trésorerie à court terme sans alourdir davantage les charges.
  • Une demande de suspension du MACF sur les engrais : ces dispositifs s’accompagnent d’une demande au niveau européen pour suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais, ou à défaut en compenser le coût afin de préserver la compétitivité des filières françaises

Sources :