Dans le cadre des discussions autour du budget et face à la transition énergétique, le Parlement vient d’adopter des mesures fiscales qui redessinent le paysage des biocarburants. D’un côté, le Sénat a bloqué la hausse de fiscalité prévue sur le B100. De l’autre, il a accordé une réduction supplémentaire pour le HVO. Découvrez ce que ces changements signifient concrètement pour les professionnels, notamment dans les secteurs agricoles, du transport et du BTP. Il faut toutefois rappeler que le budget n’est pas encore définitivement adopté.
B100 et HVO : rappel essentiel
Le B100 est un biogazole composé à 100 % de carburant d’origine végétale, principalement à base de colza en France. Il est réservé à des flottes professionnelles (entreprises, exploitations agricoles, transporteurs, collectivités) équipées de véhicules dédiés compatibles. Il bénéficie aujourd’hui d’une accise sur l’énergie (ex‑TICPE) fortement réduite, ce qui le rend compétitif face au gazole routier classique. En optant pour le B100, les professionnels limitent leur impact environnemental en utilisant un carburant issu de ressources renouvelables.
Le HVO100 est un gazole paraffinique renouvelable, produit à partir d’huiles végétales ou de déchets (huiles usagées, graisses animales, etc.). Chimiquement très proche du gazole, il peut être utilisé dans certains moteurs diesel sans modification. C’est donc un carburant très flexible pour les professionnels du BTP, les transporteurs ou les agriculteurs. Jusqu’ici, il était toutefois fiscalement soumis à la même accise élevée que le gazole conventionnel B7. Comme le B100, le HVO100 permet de réduire les émissions de CO₂ par rapport à l’utilisation du gazole traditionnel.
Nouvelle fiscalité : ce qui change pour les utilisateurs
- B100 : la hausse de taxe finalement bloquée
Initialement, le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait une augmentation de la fiscalité sur le B100, ce qui menaçait directement sa compétitivité. Le Sénat a récemment supprimé cette hausse, permettant au B100 de conserver ses avantages fiscaux actuels.
Concrètement, pour les professionnels, cela signifie une stabilité du cadre fiscal pour le B100. Il reste ainsi l’un des carburants alternatifs les plus économiques. Les exploitants agricoles, transporteurs et entreprises engagées dans la transition énergétique peuvent donc poursuivre leurs usages sans surcoût.
- HVO : une fiscalité allégée
Dans le même temps, un amendement spécifique vise à classer le HVO dans la liste des biocarburants bénéficiant d’une fiscalité réduite. Le Sénat a voté pour aligner sa taxation sur celle du B100, afin de rapprocher son prix TTC de celui du gazole B7 et d’en faire une véritable alternative.
Cela implique pour les professionnels une baisse du coût au litre et une réduction de l’écart avec le B7. Le HVO devient alors une alternative sérieuse au gazole fossile et un levier supplémentaire pour décarboner les engins agricoles, les poids lourds et les machines de chantier.
Ces mesures fiscales ne sont toutefois pas encore définitivement adoptées et devront être confirmées dans le cadre de l’adoption finale du budget de loi de finances 2026.
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