Revue mondiale de l’énergie 2026 : ce qu’il faut retenir

Chaque année, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publie sa Revue mondiale de l’énergie 2026, un rapport qui dresse un état des lieux des grandes tendances énergétiques mondiales. Cette nouvelle édition, qui analyse les données de l’année 2025, met en évidence un ralentissement de la croissance de la demande énergétique mondiale. Le rapport souligne également la progression continue de l’électricité et des énergies bas carbone, sans pour autant faire disparaître le poids des combustibles fossiles. Voici les principaux enseignements à retenir.

Bilan énergétique mondial 2025 : ralentissement, électrification et solaire en tête

La demande énergétique mondiale a progressé de 1,3 % en 2025. Cette progression reste significative, mais elle reste inférieure à celle observée en 2024, où elle avait augmenté de 2,2 %. Selon l’AIE, plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement : une croissance économique légèrement moins soutenue, un ralentissement de l’industrie énergivore dans certaines régions, des besoins en climatisation réduits grâce à des températures plus modérées, et une accélération des gains d’efficacité énergétique.

Toutes les grandes sources d’énergie ont vu leur consommation augmenter en 2025, mais à des rythmes différents. La demande mondiale d’électricité a progressé d’environ 3 %, soit plus du double du rythme de croissance de la demande énergétique globale. Les marchés émergents et les économies en développement ont représenté 80 % de cette croissance. Cela confirme l’entrée du monde dans une nouvelle phase d’électrification des usages.  La demande de pétrole, de gaz naturel et de charbon a continué de progresser en 2025. Toutefois, son rythme de croissance a ralenti par rapport à l’année précédente.

Pour la première fois, une source d’énergie renouvelable moderne, le solaire photovoltaïque, a contribué à la plus grande part de la croissance de la demande énergétique mondiale. Elle couvre en effet plus de 25 % de la hausse, suivie par le gaz naturel (17 %). Les sources à faibles émissions comme le solaire, l’éolien, le nucléaire, l’hydraulique et d’autres énergies renouvelables, ont contribué à près de 60 % de la croissance mondiale. Une dynamique qui confirme que la progression de la transition énergétique mondiale.

Focus sur le pétrole : la demande mondiale progresse, mais plus lentement

La consommation mondiale de pétrole a continué d’augmenter en 2025, mais à un rythme de plus en plus modéré. La demande a progressé de 0,65 million de barils par jour (Mb/j) en 2025, soit une hausse de 0,7 %. C’est un nouveau ralentissement par rapport à la croissance déjà modeste de 2024 avec 0,75 Mb/j. Cette hausse est bien inférieure à la moyenne annuelle de 1,4 Mb/j enregistrée entre 2010 et 2019 avant la pandémie. Ces données illustrent le ralentissement progressif de la croissance de la demande pétrolière mondiale.

Ce ralentissement s’explique en grande partie par la faiblesse de la croissance des matières premières pétrochimiques et le développement de l’électrification des transports. Par exemple, les ventes de voitures électriques ont augmenté de plus de 20 %, représentant environ une nouvelle voiture vendue sur quatre dans le monde.  La Chine a longtemps soutenu la croissance de la demande pétrolière mondiale. En 2025, la hausse de sa consommation a ralenti, notamment dans l’industrie pétrochimique.

Pour autant, le pétrole conserve un rôle majeur dans le mix énergétique mondial, tout particulièrement pour les pays producteurs, les marchés asiatiques et les grandes routes maritimes du Moyen-Orient. La croissance du trafic aérien, les besoins de l’industrie pétrochimique et la demande des économies émergentes continuent de soutenir la consommation mondiale. L’AIE souligne ainsi que la transition énergétique est bien engagée, mais qu’elle s’accompagne encore d’un recours important aux énergies fossiles dans de nombreux secteurs.

Pour en savoir plus, consultez la Revue mondiale de l’énergie 2026 de l’AIE.