Malgré une transition énergétique en cours et le développement d’autres modes de chauffage, le fioul domestique reste encore présent dans une partie significative des logements en France. Selon les dernières données de l’Insee sur le recensement des logements, il continue d’équiper des millions de résidences principales. De plus, ses usages varient fortement selon les territoires, l’ancienneté du parc et le type de logement. Dans cet article, découvrez les chiffres clés du fioul en France, ce qu’ils révèlent sur son usage aujourd’hui et les tendances qui se dessinent.
Les chiffres clés du fioul domestique en France
- Un mode de chauffage encore significatif, mais en recul
En 2022, 2,6 millions de résidences principales utilisent le fioul comme mode principal de chauffage en France métropolitaine. Cela représente 8,5 % des foyers, loin derrière l’électricité (36 %) et le gaz (35 %). L’usage du fioul décline de manière marquée et constante. En effet, en 2006, 4,6 millions de résidences principales étaient chauffées au fioul. Cela signifie que le nombre de logements concernés a presque été divisé par deux en 16 ans.
- Une utilisation liée au type de logement et au territoire
Le fioul est surtout présent dans les maisons individuelles (13 %) et beaucoup plus rarement dans les logements collectifs (3 %). Il est nettement plus répandu en milieu rural, où 17 % des logements utilisent encore le fioul, contre 3 % seulement dans les espaces urbains denses. Les logements concernés sont souvent anciens, grands et mal isolés : 12 % des résidences construites avant 1970 sont encore chauffées au fioul, et 53 % de ces logements sont classés en étiquette DPE E, F ou G, contre 31 % pour les logements chauffés autrement.
- Un profil d’occupants bien identifié
Côté ménages, le fioul concerne davantage des occupants âgés et installés de longue date. En 2022, 12 % des propriétaires se chauffent au fioul, contre 4 % des locataires. Ce mode de chauffage touche 16 % des ménages de 75 ans ou plus, contre 7 % des ménages plus jeunes. De plus, 16 % des ménages présents dans leur logement le sont depuis au moins 20 ans, contre 6 % de ceux installés depuis moins longtemps.
Tendances de fond et implications
- Une part en diminution sur le long terme
Depuis 2006, la part des logements chauffés au fioul a presque diminué de moitié. Ces chiffres reflètent une transition progressive vers d’autres modes de chauffage. Cette diminution s’explique par plusieurs facteurs :
– L’interdiction d’installer de nouvelles chaudières au fioul depuis juillet 2022
– Les aides financières au remplacement par d’autres systèmes de chauffage
– La perte d’avantage économique, liée à la volatilité des prix du pétrole
- Un rôle décisif des constructions neuves et des rénovations
La baisse du chauffage au fioul s’explique aussi par les constructions neuves et les déménagements. Entre 2006 et 2022, la proportion de logements chauffés recule plus fortement dans les territoires denses et dynamiques. Les nouveaux logements, majoritairement équipés au gaz ou à l’électricité, remplacent progressivement les anciens. De plus, lors d’un achat immobilier, certains ménages profitent de travaux de rénovation pour remplacer une chaudière fioul vieillissante.
- Une mutation progressive du chauffage au fioul en France
Ces chiffres montrent que le fioul reste une réalité importante, mais de plus en plus ciblée sur certains profils de logements et de ménages. Ils soulignent une transition progressive, mais pas une disparition immédiate. Le recul s’inscrit dans le temps, porté par le renouvellement du parc immobilier et les évolutions réglementaires. Pour de nombreux foyers, notamment en zone rurale, le fioul demeure encore une solution adaptée aux caractéristiques de leur logement.
Pour consulter l’ensemble des données et accéder aux chiffres complets, rendez-vous sur la publication officielle de l’Insee.